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Qui a dit : On n’arrête pas un génocide avec des médecins

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genocide-rwandaisRwanda 1994. Des milliers de personnes sont tuées de manière atroce. L’extermination de ces personnes est planifiée de manière méthodique. Il s’agit donc d’un génocide, le génocide rwandais communément appelé le génocide des Tutsis.

Entre avril et juillet 1994, l’ONU estime que près de 800 000 Rwandais (essentiellement Tutsis) ont été massacrés. Il s’agit du génocide le plus court de l’histoire mais celui qui a comptabilisé le plus grand nombre de morts par jour.

En 1994, le déclencheur de ce génocide fut l’attaque contre l’avion du Président rwandais. En effet, le 6 avril 1994, l’avion du Président du Rwanda est abattu à son arrivée à Kigali. Le Président rwandais de l’époque était Hutu.

Après cet attentat, le massacre des Tutsis commence. Une guerre civile éclate entre les FAR (Forces armées rwandaises) et les leaders du FPR (Front patriotique rwandais). Les FAR étant essentiellement composées d’Hutus et les FPR était le mouvement d’opposition organisé par des exilés Tutsis. Notons en passant que pendant le génocide, un nombre important d’Hutus qui s’opposaient aux tueries furent également assassinés par d’autres Hutus.

Pendant les premières semaines du massacre, la communauté internationale est sans réaction. Des associations tirent pourtant la sonnette d’alarme. C’est donc à ce moment que cette phrase sera prononcée : On n’arrête pas un génocide avec des médecins.

Et oui, le 24 mai 1994, Médecins Sans Frontière (association créée le 21 décembre 1971 par un groupe de médecins et journalistes) témoigne devant la Commission des droits de l’homme de l’ONU afin de réclamer une intervention de la Communauté internationale. Rien n’est fait… Le 18 juin, MSF fait appel à une intervention armée des Nations unies en déclarant : On n’arrête pas un génocide avec des médecins.

C’est ainsi qu’après 10 semaines de massacre, l’ONU autorisera, entre autres, l’intervention de l’armée française (l’opération Turquoise). Les États avaient enfin compris qu’on n’arrête pas un génocide avec des médecins.

Il importe de signaler que les raisons de ce génocide sont essentiellement ethniques. Les colonisateurs allemands présents sur le territoire rwandais au début du XXe siècle affirmaient l’existence d’une supériorité génétique des Tutsis. Cette position allemande était donc basée sur des critères raciaux et morphologiques.

Pour les colonisateurs allemands, les Tutsis se distingueraient par leur intelligence et la finesse de leurs traits, contrairement aux Hutus qu’ils considéraient comme inférieurs. Par cette analyse, les colons allemands ont ancré une différence ethnique entre Hutus et Tutsis. La Belgique qui a pris cette colonie aux Allemands défendit la même position. Comme les Allemands, selon l’anthropologie de l’époque, les Belges considéraient que les Tutsis (originaires d’Éthiopie ou d’Égypte) avaient « des traits physiques plus nobles, c’est-à-dire, une taille haute, une couleur de peau plus pâle et un nez effilé » (cf. article d’Amnesty International, article du vendredi 9 avril 2004).

Notons enfin que la société traditionnelle rwandaise se divisait en 3 castes régies par le métier exercé :
– Les Tutsis : propriétaires de troupeaux, les plus riches et puissants ;
– Les Hutus : agriculteurs, paysans ;
– Les Twas : artisans et ouvriers.

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